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Pourquoi Montréal est-elle un joueur de classe mondial en matière d'investissement alternatif ?

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Montréal est considérée comme une ville de classe mondiale dans l'univers de l'investissement alternatif.


Trois principales raisons expliqueraient cette situation, la première étant la présence d'excellentes universités, et la deuxième : celle de la Bourse de Montréal, selon des intervenants d'une table ronde d'Opalesque tenue en mai, à Montréal.

« J'ai vécu et travaillé à Chicago où j'ai eu l'occasion d'observer comment une bourse de produits dérivés contribue à créer beaucoup de talent en termes de négociation, des opérations, des règlements, et de comprendre comment les marchés fonctionnent, et ce talent contribue à encourager et à former des professionnels plus compétents. Ici, à Montréal, nous avons les mêmes effets avec la Bourse de Montréal », a souligné Ranjan Bhaduri, directeur en chef de la recherche chez Sigma Analysis & Management.

Comme troisième raison, Ranjan Bhaduri a identifié la qualité de l'espace d'investissement institutionnel.

« Certains des plus beaux fonds de pension, qui investissent dans des solutions alternatives, ont pour siège la ville de Montréal. Ces organisations, telles que la Caisse des Dépôt et Placements, PSP Investissements, et BIMCOR, CN Investissement, Air Canada et Hydro-Québec, sont respectées au niveau mondial. Il y a aussi quelques firmes de gestion de fortune de famille très sophistiquées à Montréal, et pour une ville comme Montréal, avoir autant d'investisseurs institutionnels de haute qualité, la rend encore plus exceptionnelle », a analysé Ranjan Bhaduri.

Cet écosystème regroupe une variété de joueurs, par exemple Hexavest, dirigé par Vital Proulx, Addenda Capital et Fiera Capital, de même que AlphaFixe Capital et Jarislowsky Fraser, qui est plus actif du côté de la gestion de patrimoine, a renchérit Pierre-Philippe Ste-Marie, chef de la direction des Conseillers en valeurs Razorbill.

« L'entreprise la plus établie à Montréal dans l'investissement alternatif est Gestion Cristallin [une] entreprise [qui] est vraiment la référence dans notre province. Notre cabinet est maintenant âgé de trois ans, nous sommes donc en train d'émerger. Mais il y en a d'autres, comme Ipsol Capital et Landry investissements, qui ont également des produits alternatifs », a-t-il ajouté.

Dans le même ordre d'idées, Ranjan Bhaduri a souligné la forte présence à Montréal de banques canadiennes, de même que celle d'entreprises d'investissement, de cabinets de conseils, de gestionnaires de fonds de couverture, de gestionnaires émergents, et de négociants privés, contribuant à créer « un écosystème très riche pour la communauté financière à Montréal ».

Pour Pierre-Philippe Ste-Marie, cet environnement est un atout indéniable permettant d'attirer des talents internationaux hautement qualifiés.

« Le noyau de mon équipe comprend un doctorant en physique théorique d'Angleterre et un doctorant en sciences informatiques de France. Notre équipe est multidisciplinaire et nous avons tous des profils internationaux. Nous avons aussi constaté que Montréal est une ville accueillante et que l'écosystème de soutien pour les gestionnaires et leurs familles est exceptionnel », a-t-il mentionné.

Montréal est un « melting pot », un creuset, de sorte qu'on y retrouve un grand bassin de candidats bilingues ou même trilingues avec des origines très diverses, d'après Thai An Le, gestionnaire principale chez Castle Hall Alternatives.

Montréal offre l'une des plus fortes densités d'analystes financiers certifiés (CFA) et de titulaires d'une maîtrise en finance, par habitant dans le monde, a quant à lui rappelé Marc Amirault, fondateur et chef des placements chez Gestion Cristallin.

« L'ensemble de la connaissance et de l'expertise qui en résulte et sur lequel les gestionnaires d'investissement, traditionnels ou alternatifs, peuvent compter est impressionnant et très attrayant », a-t-il dit.

La Bourse de Montréal (MX) a été au coeur du développement du secteur financier dans la ville et l'une des premières bourses à lancer des produits dérivés négociés en bourse, a évoqué Brian Gelfand, vice-président et directeur en chef des Affaires réglementaires à la Bourse de Montréal.

Selon lui, il y a encore une communauté d'anciens négociants du plancher de la Bourse de Montréal, les teneurs de marché et les courtiers, qui forment une base solide dans le secteur des produits dérivés dans la ville. Aussi, depuis que le plancher a fermé, la Bourse aurait travaillé très dur pour continuer à développer le secteur des produits dérivés afin de faire de Montréal un centre d'excellence en cette matière.

« À l'Institut des produits dérivés de la Bourse, nous avons collaboré avec l'Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de mettre en place un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en instruments financiers dérivés. Nous parrainons également une salle de marché à la même université, a signalé Brian Gelfand. À l'échelle nationale, nous parrainons des bourses pour les dissertations d'études supérieures en finance et nous organisons une simulation de négociations d'options qui réunit plus de 3000 étudiants en compétition pour des prix. »

Montréal accueille également l'Institut de Finance Mathématique de Montréal (IFM2), un établissement fondé par le gouvernement du Québec en 1998, et l'Institut de la Finance Structurée et Instruments Dérivés de Montréal (IFSID), a ajouté Brian Gelfand.

Quelques grandes opérations phares à Montréal en gestion d'actifs, principalement dans la gestion traditionnelle, ajoutent également leur pierre à l'édifice, selon Pierre-Philippe Ste-Marie. « Montréal a une initiative unique appelée le Conseil des gestionnaires en émergence (CGE). Il est composé d'un grand nombre des gestionnaires d'investissements alternatifs au Québec, et Razorbill Advisors fait partie de cette association », a-t-il cité en exemple.

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