Finance et investissement - RRQ : Diviser pour mieux régner ?
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RRQ : Diviser pour mieux régner ?

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De plus, compte tenu de la sous-capitalisation du régime de base, il pourrait être tentant de puiser dans le régime supplémentaire pour compenser. «Cela serait plus difficile si deux organismes indépendants gèrent chacun des régimes. Si je me mets dans la peau de mes enfants qui sont dans la vingtaine, je peux comprendre que cela soit rassurant», explique Richard Guay.

Le risque le plus important associé au fait d'avoir une grosse caisse ne serait donc pas du côté de la concentration excessive de l'épargne, mais plutôt de celui de la gouvernance. «Si l'on adhère à des règles de bonne gouvernance, cela ne devrait pas poser de problèmes», considère Richard Guay.

Et les gestionnaires locaux ?

Pourquoi ne pas confier une partie de ces actifs à des gestionnaires québécois afin de solidifier l'écosystème financier ? Pour Thomas Dorval, il peut s'agir d'une piste intéressante : «Nous n'avons pas de position à ce sujet, mais il y a là une réflexion à faire.»

Richard Guay se fait plus sceptique. «En théorie, c'est beau, mais de là à concevoir qu'un gestionnaire à la CDPQ, qui gagne, disons, 150 000 $ [un salaire concurrentiel si l'on considère la sécurité d'emploi et autres avantages] et qui gère 150 M$, accepte de donner, sans se faire tordre le bras, un mandat de 50 M$ à un gestionnaire de Jarislowsky Fraser ou d'une autre firme qui gagne deux ou trois fois son salaire...»

Il y aurait donc énormément de réticence à surmonter au sein de la CDPQ pour arriver à une solution semblable. Surtout que cela risquerait d'inciter des gestionnaires à quitter cette dernière en faveur des firmes privées.

La problématique est-elle la même pour les plus petits gestionnaires ? «L'écosystème montréalais a besoin de nouveaux investissements vers les acteurs locaux et plus petits», affirme Philippe Hynes, président du CGE. Selon lui, les acquisitions entraînent une concentration de l'industrie, ce qui est défavorable à la formation de nouveaux acteurs.

Le Conseil a d'ailleurs mis sur pied le Programme des gestionnaires en émergence du Québec, en collaboration avec Finance Montréal, afin que des mandats soient confiés aux gestionnaires en émergence. «L'objectif serait que de 1 à 5 % des actifs des grandes caisses soient confiés à des gestionnaires émergents. Plusieurs États américains ont de telles politiques en place», remarque le CFA et président de Tonus Capital.

Richard Guay croit qu'il serait plus probable que cela se fasse dans des domaines bien précis. «Ce serait possible cependant dans des secteurs très précis, comme la biotechnologie, les jeux vidéos, etc. Un gestionnaire qui connaît très bien ces secteurs à Montréal pourrait se voir confier 50 M$, par exemple, afin d'investir dans les meilleures firmes qu'il aurait choisies, étant donné sa connaissance du milieu», concède-t-il.

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